La généalogie génétique pénale rejoint le débat législatif

La généalogie génétique pénale franchit une étape politique avec l’approbation, à titre exceptionnel, de son utilisation pour aider les enquêtes. Son inscription dans la loi sur la justice criminelle fait entrer une technique jusqu’ici surtout associée aux affaires non élucidées dans un cadre de débat parlementaire et judiciaire. La portée dépasse la seule résolution des cold cases : elle interroge les conditions dans lesquelles des rapprochements familiaux peuvent être mobilisés au service d’une enquête pénale. En Suède, cette méthode a permis de lever une impasse de seize ans dans le double meurtre de Linköping, tandis que son usage français doit désormais être précisé par le nouveau cadre légal. Pour les généalogistes et les spécialistes de l’ADN, la frontière entre recherche d’origines et finalité judiciaire devient ainsi plus visible. Cette évolution place la protection des données génétiques, la proportionnalité des recours et l’information des personnes concernées au cœur des arbitrages à venir.