Les archives de l’esclavage passent à l’indexation de masse

Les archives de l’esclavage basculent vers une exploitation nominative à très grande échelle. Ancestry et l’University College London ont numérisé et indexé près de quatre millions d’entrées issues d’environ 300 000 pages de registres couvrant vingt anciennes colonies britanniques entre 1813 et 1840. Les noms, âges, liens familiaux, descriptions physiques, naissances, décès et parfois origines africaines deviennent interrogeables gratuitement avec un compte, alors que la consultation exigeait auparavant de maîtriser les registres conservés à Londres.

Le projet Valuable Lives doit prolonger ce travail par une base ouverte consacrée aux personnes réduites en esclavage en Jamaïque et par des études communautaires. Cette évolution recentre la recherche sur les individus et leurs familles, au-delà des propriétaires et des institutions coloniales. Elle pourrait faciliter les rapprochements entre archives caribéennes, britanniques et diasporiques, mais exige une contextualisation rigoureuse de documents administratifs conçus pour contrôler des populations asservies.